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Le Graal Des objets les plus convoités au monde depuis la nuit des temps, le Graal est sans doute le plus recherché et le plus mystérieux.
À l'origine le mot «Graal» désigne un plat large et assez profond, un récipient creux. Une origine supposée est que le mot «Graal» viendrait du latin médiéval cratella, «vase» qui désigne, en ancien français, une coupe ou un plat creux. Pour d'autres, le mot «graal» ou «grasal» désigne un plat creux destiné à servir les viandes riches en jus. Le mot «gradal» était utilisé avec le sens de récipient creux aux usages divers en. Le mot graal est aussi trouvé avec ce sens en 1204. Il désigne aussi le Saint Calice dans la littérature médiévale au début de la chrétienté en occident. Dans cette littérature, le Graal est un objet symbolique : il représente le mystère du christianisme, où le fait de partir à sa recherche aboutit à une révélation personnelle de la lumière du Christ en remplacement du chaos initial. Depuis, le Graal a fait l'objet de nombreuses interprétations symboliques ou ésotériques et a donné lieu à de multiples illustrations artistiques. La nature de cet objet légendaire a connu de nombreuses évolutions : pierre, coupe, etc. Sa forme de coupe résulterait initialement d'une évolution de la figure du chaudron du Dagda de la mythologie celtique. Ce chaudron, plein de sang bouillant, servait à conserver la «lance vengeresse», une arme capable de dévaster à elle seule des armées entières. Ce n'est qu'au début du XIIIe siècle que le récipient évoqué par Chrétien de Troyes se christianise : Robert de Boron l'assimile au Saint Calice des Évangiles (la coupe utilisée par le Christ lors de la Cène), donnant ainsi naissance au «Saint Graal». Ancré dans la culture populaire, le Graal inspirera énormément d'œuvres. La lance vengeresse, elle aussi christianisée, est devenue la lance de Longin, le soldat qui a percé le flanc du Christ.
Curieusement, les Évangiles ne font aucune allusion à la coupe de la Cène. D’autres écrits chrétiens anciens, notamment celui de Robert de Boron, qui a écrit en vers une légende du Graal, rapportent qu’elle arriva dans les mains de Joseph d’Arimathie, un juif fortuné. Certaines légendes ajoutent même que Pilate y aurait puisé l'eau avec laquelle il s'est lavé les mains. Ce juif était peut être l’oncle de Jésus et fut celui qui descendit son corps de la croix. Au moment où Joseph préparait le mort pour l’ensevelissement, ou alors que Jésus se trouvait encore sous la croix, un peu de son sang aurait coulé dans la coupe, la transformant en objet saint, aujourd’hui appelé le Saint Graal. Dans la légende de Joseph de Boron, Joseph d'Arimathée transmet le Saint Calice à son beau-frère (Hébron, ou Bron), époux de sa sœur (Enygeus), qui le transmet à son tour à son fils, Alain, qui le transporte aux Vaux d'Avaron, un endroit inconnu que certains interprètent comme étant l'île d'Avalon, elle même identifiée à Glastonbury.
Le Graal a eu des interprétations diverses et variées. Nombre de penseurs lui ont donné une dimension spirituelle qui élargit encore le mystère autour de son existence.
L'ouvrage de l'alchimiste Fulcanelli Le Mystère des Cathédrales donne du Graal une interprétation initiatique. La compréhension s'élargit à la seule condition d'avoir reçu une initiation maçonnique dans les règles de l'art. Les initiations ont pour but de réveiller des symboles cachés qui se transmettent de façon très particulière et souvent par la douleur. Le Graal existe mais dans le vécu de l'initié c'est quelque chose de tellement particulier et effroyable qu'on ne peut l'exprimer. Non pas dans le sens de la crainte d'un quelconque châtiment mais l'homme est en contact avec lui même. Il sait ce qu'il est et ce qu'il a été. Toute tentative d'explication est vaine ; plus il essaie d'expliquer, plus il est incompris au point de se sentir face à des juges.
La quête du Graal a aussi un sens moderne beaucoup plus concret : il décrit un objectif difficilement réalisable, mais qui apportera au monde des nouvelles connaissances ou permettra une application originale sur la matière. Ainsi, en physique, on qualifie la théorie de grande unification (Théorie du tout) de «Graal des physiciens». Encore, la compréhension du mécanisme par lequel les gènes contrôlent la physionomie des organes serait le «Graal des généticiens».
Le Graal est un objet mystérieux :
Les sectes profitent de la fascination suscitée par le mystère du Graal. L'aspect magique et symbolique du Graal favorise l'interprétation ésotérique.
Dans les années 1980, Henry Lincoln, Michael Baigent et Richard Leigh donnent une interprétation allégorique toute personnelle du Graal dans leur essai L'Énigme sacrée. Selon eux, le Graal serait une métaphore pour désigner une descendance cachée qu'aurait eu Jésus, du fait d'une supposée union avec Marie-Madeleine. Saint-Graal serait en l'occurrence une déformation de Sangréal signifiant « sang royal », dans le sens de «lignée royale». Ce pourrait être aussi, par métonymie, Marie-Madeleine elle-même en sa qualité de «porteuse» de cette descendance (la fonction du Graal à «recueillir le sang du Christ» étant en cela censée arborer un statut de métaphore).
Le Graal a fait et fera couler encore beaucoup d'encre à son sujet, il existe toujours actuellement beaucoup de personnes encore à sa recherche. Peut-être est-il tout simplement l'inaccessible de l'Homme, le symbole de son but ultime. La question reste en suspens.
Le Trésor des Cathares
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