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Les tracés de Nazca Vue du ciel, la Nazca est gigantesque. Les tracés composés de dessins et de figures géométriques sillonnent la pampa sur une distance de plus de 500 km². Selon le sol de la région, des techniques différentes ont été utilisées. Les marques de Nazca ont été tracées en déblayant la fine couche de pierres sombres couvrant la pampa désertique pour mettre à nu le sol plus clair.
C'est en 1927 qu'un pilote péruvien découvre par hasard les incroyables tracés. Il vole alors au sud du Pérou, à 400 kilomètres de Lima et 50 kilomètres de la côte du Pacifique. Ces tracés sont attribués aux Nazcas. C'est un peuple assez méconnu qui a connu son apogée au cours des derniers siècles précédant notre ère. La culture Nazca, qui s'est développée au début de notre ère, a été précédée d'une période baptisée Nazca primitif.
La culture Nazca, localisée sur la côte et l'intérieur des terres péruviennes, est connue pour avoir élaboré la poterie polychrome la plus éclatante de l'Amérique du Sud. Tessons et poteries retrouvées sur le site des tracés de Nazca appartiennent au style Nazca. La ressemblance entre certains de leurs dessins et ceux de la pampa permet de penser qu'ils sont les auteurs des énigmatiques dessins et lignes. D'inspiration sobre à ses débuts, la céramique Nazca atteindra par la suite une grande complexité dans ses motifs. On a également retrouvé des momies. On sait qu'ils décapitaient leurs ennemis et vouaient un culte aux têtes coupées. Les figures avaient été recouvertes par la poussière. Ils ont resurgi du passé dans toute leur splendeur grâce au travail d'une mathématicienne allemande, Maria Reiche. Elle leur a consacré toute sa vie à partir de 1945.
Ces tracés mystérieux sont appelés «pistas» dans les pays de langue espagnole. Les aviateurs peuvent en observer depuis l'équateur jusqu'au-delà des tropiques et tout le long de la Cordillère des Andes. Au Pérou, les pampas sont d'immenses étendues vierges de sable et de pierrailles. L'endroit où il y a le plus de tracés se situe entre Palpa et Nazca.
Même d'avion et à haute altitude, on ne distingue pas la fin des grandes lignes qui semblent partir dans toutes les directions. Plusieurs dessins sont recouverts de lignes. Cela implique que les dessins sont plus anciens.
D'autres dessins sont difficiles à interpréter : volatiles à quatre pattes, sauriens, poissons, poussin, fleurs, serpents à plusieurs têtes ainsi que des objets non identifiés. Outre les tracés énigmatiques, un peu partout on trouve des débris de poterie rouges. Ces débris dateraient, selon les professeurs Rowe et Menzel, d'environ 2 000 ans. Le site a été abondamment pourvu de poteries mais on ignore dans quel but. Cependant, les tracés n'ayant pu être datés, on ne peut affirmer que les poteries sont de la même époque.
Pour le professeur Kosok et pour Maria Reiche, la Nazca est un calendrier astronomique. Ce dernier était utilisé par les anciennes civilisations pour connaître les dates d'équinoxes, d'éclipses, le moment des semailles... Ses recherches démontrèrent que l'araignée géante était censée représenter la constellation d'Orion et que la série des lignes droites qui l'entouraient retraçait les mouvements des trois étoiles du baudrier d'Orion. L'ethnologue Simone Waisbard et son fils, informaticien, sont persuadés qu'il s'agit d'un calendrier météorologique ou plutôt de plusieurs calendriers superposés au fil des siècles ce qui explique que certains sont recouverts de lignes. Un autre spécialiste du site, Tony Morisson, penche pour une signification religieuse en se fondant sur les coutumes et la religion des Nazcas.
Bien sûr, l'hypothèse d'un peuple non terrien a été largement émise. Depuis la découverte des tracés, la Nazca est devenue pour certains la preuve tangible que les extraterrestres ont débarqué sur Terre. Mais outre ces affirmations hâtives, il faut prendre en compte des éléments plus sérieux qui rend cette hypothèse plus raisonnable. Les tracés de Nazcas ont bien été faits par des hommes mais peut-être étaient-ils destinés à des «êtres» venus du ciel ? On songe bien sûr immédiatement à des dieux vénérés par cette civilisation. Les dessins deviendraient alors des repères géants pour guider ces dieux en vue de leur hypothétique retour ou tout simplement en hommage à ces dieux. Tony Morrison, un zoologiste qui a étudié les lignes avec Gérald Hawkins, conclut son livre Pathways to the Gods (1978) par une citation, écrite en 1586 par Luis de Monzon, un magistrat espagnol : «Les vieux Indiens disent que [...] d'après ce qu'ils savent de leurs ancêtres, dans des temps très anciens, avant que les Incas ne règnent sur eux, un autre peuple était venu qu'on appelait les Viracochas. Ils n'étaient pas nombreux et furent suivis par des Indiens qui avaient écouté leur parole. On retrouve donc là le légendaire héros civilisateur Viracocha, aussi appelé Quetzalcoatl, dont les Indiens espéraient le retour quand Cortès débarqua.
Comment les Nazcas ont-ils fait pour tracer des dessins aussi parfaits sans les voir ? Maria Reiche affirme que c'est en agrandissant des maquettes dont elle a trouvé les traces près de certaines figures animales. L'Américain Jim Woodman et l'aérostier anglais Julian Nott ont essayé de prouver que les Nazcas savaient fabriquer des ballons à air chaud pour superviser le tracé des figures. Ils ont fabriqué en 1975 un ballon en utilisant du tissu et des cordes du même genre que ceux trouvés sur les momies nazcas. En fait, nul ne sait avec certitude quelle technique a été employée pour réaliser ce chef-d'œuvre uniquement visible du ciel mais certaines hypothèses sont plus plausibles que d’autres. Il est bien plus probable que la théorie de Maria Reiche soit la bonne. Il s'agissait simplement de créer une version agrandie d'un plan ou d'un dessin.
Tracés et dessins dans le monde
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